Le matin où ils sont partis, l’allée de gravier s’est remplie du bruit des valises qu’on traîne et d’un parfum trop sucré. La robe rouge de ma belle-fille claquait au soleil comme un signal d’alarme. Sa mère a remonté ses lunettes sans même me regarder, déjà en train de faire défiler des idées de photos de plage.
Soixante-treize ans, c’est une éternité quand on a passé sa vie à porter le monde sur son dos. Pour Margaret, ce n’était pas qu’un chiffre : c’était inscrit dans les callosités de ses mains, dans le craquement familier de ses genoux chaque matin. Elle avait tout donné à sa famille — sa jeunesse, ses rêves, … Read more